jeudi 7 décembre 2017

Celtic Myths d'Asita Krebs

Bonjour amis tricotesques !


Je vous retrouve aujourd'hui de manière plus traditionnelle pour parler tricot, et particulièrement du dernier châle tombé de mes aiguilles: le Celtic Myths d'Asita Krebs. Il n'est pas pour moi, mais pour l'une de mes grands-mères, un joli châle pour son Noël. J'ai trouvé ce patron vraiment adapté à la situation, car en plus d'être sobre et élégant, il fait écho aux origines bretonnes de ma Mamie. Que demander de plus !


Au départ, j'avais prévu de tricoter ce châle en noir, mais quitte à ce qu'il soit si sobre niveau couleur, je souhaitais prendre de la Cascade Yarn Heritage Silk (parce que la soie, ça aurait donné un petit côté clinquant à ce châle tout noir !). Malheureusement, il n'y en avait plus de disponible quand j'ai passé commande. Je me suis donc rabattue sur de la Malabrigo Sock coloris Alcaucil. Après enquête sur Ravelry, j'étais persuadée que c'était un gris foncé. Et comme vous pouvez le constater, les photos sont trompeuses, car c'est un kaki foncé ! Une couleur pas facile à prendre en photo donc. Je vous avoue, j'étais un peu en panique, car le vert, même foncé, même kaki, ne se retrouve pas vraiment dans la garde robe de ma Mamie. Heureusement, enfin du moins j'espère, c'est une couleur très foncée donc ça reste discret et donc ça devrait pas poser de soucis pour qu'elle en tombe raide dingue... On croise les doigts !



En ce qui concerne le patron, rien de compliqué. Deux écheveaux de fingering, l'un pour le corps en jersey, l'autre pour la bordure d'entrelacs. Une répartition 50/50 que propose le patron et qui a très bien marché pour moi (il ne me reste que 10 g. du dernier écheveau !). La mer de jersey, rien de passionnant, mais qui est tombée à pic, à un moment où j'étais fatiguée et où j'avais besoin de tricot zéro cerveau. Ça ne m'a donc pas ennuyé. Pour la bordure, j'étais très contente de refaire ce genre de torsades, car ça faisait un baille que je n'en avais pas tricoté ! Après avoir mémorisé le diagramme, il me fallait tout de même 40 min en moyenne pour faire un motif. Impossible pour moi de me passer d'aiguille auxiliaire (au risque de passer mon temps à récupérer mes mailles tombées sur plusieurs rangs...), et ne tricotant pas spécialement vite, il m'a fallu plusieurs jours pour en venir à bout. La fatigue n'aidant pas, la fin fut vraiment très, très longue. Mais j'y suis parvenue ! Et quel résultat !




Je ne peux que vous recommander ce patron (gratuit en plus), car même s'il peut paraître un peu pénible, entre marrée de jersey et bordure entrelacée interminable, le projet en vaut vraiment la chandelle. C'est simple et raffiné, une jolie réussite à mes yeux ! Un remerciement spécial aussi à ma coloc pour avoir posé dans le froid juste pour moi !

dimanche 26 novembre 2017

Dan Brown, Origine

Hello !

Délaissons quelque peu nos aiguilles pour parler lecture ! Je ne suis pas une grande lectrice, bien que j'ai une tonne de livres qui n'attendent que ça. Mais pour le nouveau roman de Dan Brown, il fallait que je me bouge. Car oui, je suis une grande fan des aventures de Robert Langdon (et merci les adaptations cinématographiques pour lui avoir donné le doux visage de Tom Hanks) ! Et encore une fois, je n'ai pas été déçue.


Je vais vous copier / coller ci dessous  le résumé de quatrième de couverture pour que vous ayez une idée de quoi ça parle : 

Robert Langdon, le célèbre professeur en symbologie, arrive au musée Guggenheim de Bilbao  pour assister à la conférence d'un de ses anciens élèves, Edmond Kirsch, un éminent futurologue spécialiste des nouvelles technologies.
La cérémonie s'annonce historique car  Kirsch s’apprête à livrer  les résultats de ses recherches qui apportent  une réponse aux questions fondamentales sur l'origine et le futur de l’humanité.
Mais  la soirée va brusquement virer au cauchemar. Les révélations de Kirsch risquent d'être perdues à jamais. Contraint de quitter précipitamment Bilbao, Langdon s'envole pour Barcelone en compagnie d'Ambra Vidal, la directrice du musée. Ensemble, ils vont se lancer en quête d'un étrange mot de passe qui permettrade dévoiler au monde la découverte de Kirsch. 

" D'où venons nous et où allons nous ". Si c'est pas vendeur comme intrigue ! Une place importante est donc laissée à la science dans cet opus et franchement, ça ne m'a pas déplu ! Pour ceux qui aiment la saga de Dan Brown pour tout ce qui est symbole et art, sachez que cet aspect est donc bien moins présent. Le jeu de piste en lui même, quand j'y ai repensé, est très court puisqu'il ne concerne que deux lieux : en fait, par rapport aux autres bouquins, et d'après mes souvenirs surtout, j'ai trouvé que la solution a été "vite" trouvée. Mais en fait, quand on y réfléchi, je trouve que Dan Brown a su renouveler sa "chasse au trésor". Il ne s'agit plus de trouver mille et un indices pour trouver la solution de l'énigme : Kirsh a protégé sa découverte, au cas où il lui arriverait un pépin, d'une manière très simple mais très efficace, et dans cette optique là, ça marche très bien. 

Mais alors, pour les férus de symboles et d'art, qu'en est-il ? Vous inquiétez pas, l'art est tout de même très présent, même s'il n'est pas directement relié à la quête de Robert et d'Ambra. Je me suis souvent retrouvée à stopper ma lecture pour regarder sur mon téléphone l'oeuvre dont il était question dans le paragraphe que je lisais. Kirsh est un homme certes de sciences, bercé par les nouvelles technologies (qui ont une place de choix dans ce bouquin), mais c'est aussi quelqu'un de très sensible aux arts (évidemment, on nous dit qu'il était l'ancien élève de Langdon !). Donc pas de panique, l'art est là, juste sous une forme un peu différente. 

Ce que j'aime aussi dans ces aventures, c'est que Dan Brown se fonde sur de faits réels, qu'il déforme juste ce qu'il faut pour les adapter à son récit et à son intrigue. Et donc, ça fait découvrir certaines choses. J'ai bien un exemple en tête, mais ce serait un très, très gros spoil ! J'aime l'idée qu'au delà du livre, il y ait des choses à explorer, à approfondir. Ce livre parle d'art, de science, de technologie, de religion, ça combine très bien le rationnel et le spirituel. Quand j'ai terminé le bouquin, après toutes les révélations finales, mon cerveau a continué de bouillonner. J'étais un peu en apesanteur, dans un état incertain : faut il considérer cette fin comme rassurante, inquiétante ? C'est un livre qui, personnellement, m'a beaucoup parlé, d'une façon que je ne saurais expliquer. 

J'ai l'impression qu'au fil des opus, Dan Brown peaufine ses intrigues pour qu'elles nous mènent vers autre chose. Anges et démons était un bon triller assez classique ; Da Vinci Code et le Symbole perdu versaient dans le mystère et les théories du complot, dans le sensationnel ; Inferno* et Origine veulent nous faire réfléchir. Donc si vous aimez ce genre de livre, je pense sincèrement qu'Origine vous plaira, d'autant plus que vous n'avez pas besoin de lire les précédents volumes pour comprendre l'histoire.

Que vous dire de plus. Vivement la prochaine aventure de Robert Langdon ?!

* La fin d'Inferno m'avait littéralement mise sur les fesses. Je ne m'attendais pas à ça, et je l'ai trouvé très poignante. Je regrette sincèrement que l'adaptation cinématographique l'ait modifié pour en faire un happy end à l'américaine sans intérêt.

samedi 18 novembre 2017

Makariri Shawl de Françoise Danoy

Moien chers lecteurs !
(Placer le seul que je connaisse en luxembourgeois, check).


On se retrouve aujourd’hui pour un nouveau tricot, un châle – quel originalité -, que j’ai réalisé pour l’anniversaire de ma Maman. Troisième année de suite que je lui tricote un châle à cette occasion, non pas pour une question de facilité, mais parce que j’avais une bonne raison ! Le premier lui sert le soir, quand elle lit son livre du moment, pour lui réchauffer les épaules, mais n’est pas suffisamment élégant pour le porter en d’autres occasions. C’est la raison d’être du deuxième châle que je lui ai fait : une jolie pièce qu’elle pourrait arborer fièrement à chacune de ces sorties. Mais il fallait bien un troisième châle pour assurer un certain roulement. Voilà pourquoi j’ai récidivé.

Comme à mon habitude, lorsque je cherche un nouveau patron, je cherche souvent en premier du côté des patrons gratuits. Et quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai flashé sur le Makariri Shawl de Françoise Danoy, car pour rappel, l’an passé, je lui avais tricoté le Tokerau Shawl, châle également gratuit de la même designeuse ! Coïncidence ? Probablement.

Je suis très contente du résultat obtenu – je me suis d’ailleurs demandée pourquoi il n’était pas pour moi. Le patron n’a rien de très compliqué : on enchaine des parties de point mousse, de point mousse rayé et de dentelle, une dentelle dont le motif tient sur deux rangs, et à partir de la deuxième répétition, on arrête les augmentations d’un côté pour rendre le châle asymétrique. Rien de sorcier donc – il m’a juste fallu beaucoup de patience pour la dernière section de dentelle, dans laquelle s’est d’ailleurs glissé une jolie coquille. Ce que je trouve chouette avec ce patron, c’est de pouvoir trouver quelque chose de moderne et d’élégant gratuitement. Non pas que je sois une grosse radine hein, tout travail mérite salaire, mais c’est en quelque sorte un petit cadeau généreux qui fait vraiment plaisir.

Pour les laines, je voulais au départ un duo gourmand qui évoque une tarte à la fraise (me demandez pas pourquoi), mais je n’ai guère trouvé la couleur sablée que j’avais en tête. J’ai donc opté pour la forêt noire, avec un duo de Malabrigo Sock, coloris Tiziano Red et Chocolate Amargo. La réputation de cette laine n’est plus à faire : elle est douce, elle tient chaud, agréable à tricoter, les couleurs sont belles, etc. Le résultat est vraiment très beau et il lui va à merveille.


Donc voilà, un modèle de plus que je vous conseille de rajouter à votre bibliothèque de patrons de tricot ! Comme d’habitude, n’hésitez pas si vous avez des questions, et je vous dis à la prochaine :)

dimanche 12 novembre 2017

Pullover façon Weasley

Bien le bonjour très chers Moldus !

Noël approche doucement, et si vous êtes des fans d’Harry Potter, vous savez très bien ce que reçoivent Ron et Harry pour leur premier Noël à Poudlard de la part de Mrs Weasley : un magnifique pull tricoté avec leur initiale. Voilà quelques temps que je souhaitais avoir de même. S’il existe bien un patron gratuit sur Ravelry qui vous permet d’avoir un pull très ressemblant, je n’ai pas opté pour cette option. En fait, je souhaitais plus un pull « customisé » qu’un pull fidèle à ce que l’on voit dans le film.

Le pull Flax de Tin Can Knits s’est avéré être l’évidence. Dans la liste de mes envies depuis des mois et des mois, c’était l’occasion de tricoter ce pull qui m’avait l’air simple sans tomber dans le basique de chez basique. Cela est bien évidemment dû à la bande de point mousse qui court tout le long des manches, un détail qui n’a rien d’extraordinaire mais qui fait mouche, la preuve en est que tout le monde dans mon entourage a souligné ce détail ! Ce modèle a pour moi de multiples avantages : le patron est simple, idéal pour les débutants ; sa gratuité permet d’enrichir la bibliothèque des petits porte-monnaie d’un bon et beau « basique » ; unisexe et offrant un grand nombre de tailles, il permet de tricoter un pull simple qui plaira à tous, petits et grands, homme et femme ; enfin, se tricotant en aiguilles 4 et 5 mm, il se monte plutôt vite et on a donc la satisfaction d’avoir une jolie pièce tricotée en peu de temps. Alors, si vous n’avait pas encore téléchargé ce patron, faites le sans tarder ! Il existe en plus, toujours gratuitement, une version « light » pour les adeptes des pulls en fingering, que demandez de plus ?!


La petite originalité consistait pour moi de rajouter un « R » en jacquard sur le devant du pull. Je vous joins d’ailleurs à cet article la grille que j’ai utilisé, ainsi que la grille pour faire un « H », puisque oui, je vais d’ici peu en faire un deuxième avec cet initial. Par contre, il faut bien comprendre une chose : cette grille a été réalisée « sur mesure », c’est à dire spécialement pour ce modèle et plus précisément pour quelques tailles de ce modèle (je dirais grosso modo pour les tailles tournant autour de la taille M/L, la taille que j’ai tricoté pour mon pull), donc pour des tailles plus petites ou plus grandes, il faudra probablement refaire cette grille de jacquard.
Faire ce R - en référence à Ron Weasley bien sûr, mais ça marche aussi avec mon nom de famille - n’a pas été simple du tout. Je ne suis pas très douée en jacquard, notamment du au fait que je tricote serré. Et ça s’est avéré être le cas ici, mon jacquard est trop serré, même si au final, et heureusement pour moi, ça ne se voit pas trop. Le haut de mon R n’est pas très beau et la lettre est littéralement en relief par rapport au reste du pull. Il faut dire que ce n’est pas super simple de tricoter du jacquard sur une seule face d’un tricot en rond ! Mais tout compte fait, je suis complètement passée au dessus de ces défauts et même si ce n’est pas parfait, je le trouve très beau. Donc ça, c’est plutôt cool !

Pour vous donner d’autres petits détails techniques, j’ai tricoté la taille M/L au lieu de la taille M parce que mon échantillon n’était pas bon, et comme je ne pouvais pas monter de taille d’aiguilles, j’ai tricoté une taille plus grande, et ça tombe parfaitement. Pour le métrage, j’ai plutôt eu une bonne surprise en quelque sorte. Pour la quantité de laine, je me suis basée sur la taille M, qui demandait 1100 m de fil ; au final, 900 m m’ont suffit. Bon, ça veut dire que je vais avoir pas mal de pelotes en trop, de quoi faire peut être quelques petits accessoires aux couleurs de Griffondor… Je m’attendais à avoir besoin de moins de laine que prévu, ce qui avait déjà été le cas pour mon gilet Cloud Bay. Comment expliquer cela ? Je ne sais pas. En tout cas, sachez que j’ai un petit buste et donc j’ai pas eu besoin de tricoter un grand corps pour avoir la longueur souhaitée, ça peut expliquer une petite partie du mystère.

(Le H arrive bientôt. L'aspect damier, c'est pour compter plus facilement ! Il vous suffit de centrer cette grille sur la moitié avant du pull à la hauteur que vous désirez. Personnellement, c'était un peu avant la séparation des manches.)

Enfin, la laine : pour des raisons de couleurs et par peur d’une laine qui bouloche trop, j’ai choisi de la Drops Cotton Merino. Drops parce qu’il me fallait une laine assez bon marché tout en étant de qualité (croyez moi, deux pulls avec de la laine tweed, ça aurait été idéal, mais ça n’était pas du tout dans mon budget !). L’avantage de ce fil, je pense que c’est le coton : il permet une bonne tenue du fil, très agréable à tricoter et surtout, super agréable à porter, et en toute saison ! La laine ne bouloche pas trop, et les bouloches en elles-mêmes s’enlèvent très facilement – à voir maintenant la durée dans le temps.


Sur ce, c’est tout pour moi. Je vous retrouve bientôt pour un nouvel article, et surtout, si vous avez des questions, n’hésitez pas :). Votre bien aimée Rita Skeeter Lalu.

lundi 2 octobre 2017

" Aubusson tisse Tolkien " : voyage laineux en Terre du Milieu

Bonjour à toutes et à tous !
Aujourd’hui, je viens vous parler de tapisserie, et plus particulièrement, d’une exposition. Cela fait maintenant quatre mois que j’ai entamé un service civique à la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson. Il ne sera pas question ceci dit de vous parler de la globalité du musée (un jour peut-être), mais d’une exposition temporaire qui a ouvert ses portes le 30 juin dernier, « Aubusson tisse Tolkien ». Prêt pour un tour en Terre du Milieu ? Attention, le voyage risque d’être un peu long…

 « Aubusson tisse Tolkien », qu’est-ce que c’est ? Et bien c’est un projet de tissage qui a été officiellement lancé le 25 janvier dernier. Le but ? Retranscrire 14 dessins de J.R.R. Tolkien himself  en tapisseries d’Aubusson, savoir-faire classé patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2009, et plus précisément en 13 tapisseries murales et un tapis au point noué (tout velouteux donc). Avant de vous parler de l’exposition elle-même, qui fermera ses portes le 31 décembre prochain, il me semble nécessaire de revenir sur la genèse du projet. 


Tout commence en 2010. Le projet de la Cité internationale de la tapisserie est lancé (pour rappel, elle a ouvert ses portes le 10 juillet 2016), ainsi que l’idée de la Nef des tentures, l’espace phare du musée qui invitera le futur visiteur à parcourir les cinq siècles d’histoire de la tapisserie d’Aubusson. C’est cette année là que débute aussi l’Appel à création, un événement annuel qui a pour but le renouveau contemporain de la tapisserie d’Aubusson. Dans ce contexte, se pose la question de ce que serait une tenture à sujet littéraire du XXe siècle, à l’image de celles des XVIe et XVIIe siècle. Une tenture, cher lecteur qui hausserait le sourcil, c’est un ensemble de plusieurs tapisseries qui racontent chacune un épisode d’une même histoire. Et au XVIe et XVIIe siècle, c’était la grande mode de que « mettre en laine » les best-sellers de l’époque, tel que La Jérusalem délivrée. On ne retrouve pas ce genre de tenture au XIXe et XXe siècle, ou du moins, on n’a pas cherché à retranscrire en tapisseries les best-sellers de l’époque. Et quand on pense aux grands succès littéraires de ces dernières décennies, les récits de J.R.R. Tolkien apparaissent comme une évidence. Le projet « Aubusson tisse Tolkien » était né dans les esprits. 

Différents illustrateurs ont donné vie aux écrits de la Terre du Milieu, et parmi eux, Tolkien lui même. Son fils Christopher, qui a œuvré tout au long de sa vie à la mise en valeur du travail de son père, confit dans une interview donnée au journal le Monde en 2012 que l’œuvre graphique de l’auteur est encore méconnue du grand public, un aspect de son travail qui reste donc à mettre sur le devant de la scène (il n’existe qu’un ouvrage vraiment complet sur le sujet : J.R.R. Tolkien, artiste et illustrateur de Wayne G. Hammond & Christina Scull, paru en 1995). Le projet de tapisseries se précise : ce sont les dessins de Tolkien lui même qu’il faut retranscrire. À la fin de l’année 2012, le directeur Emmanuel Gérard entre en contact avec l’éditrice du Seigneur des anneaux : l’idée la séduit, ce qui sera également le cas de la famille Tolkien qui considère la tapisserie comme le support idéal de présentation de l’œuvre graphique de l’auteur. Le directeur et le conservateur Bruno Ythier rencontrent Christopher Tolkien et sa femme fin 2013 : c’est le début des négociations qui prendront fin trois ans plus tard, avec la signature de la convention avec la Tolkien Estate. 


Voilà pour la genèse de ce projet, qui aura donc mis près de sept ans à se concrétiser. Mais que peut-on voir à la Cité de la tapisserie jusqu’au 31 décembre prochain exactement ? Pas de tapisseries en tout cas, puisqu’il s’agit de la présentation du projet, et donc des cartons des tapisseries. Pour le résultat final, patience est mère de vertu : le tissage de la première pièce devrait débuter d’ici peu, avant la fin de l’année, au sein même de la Cité de la tapisserie ; quant aux autres, leur réalisation s’étalera sur les quatre prochaines années, on devrait donc voir avec un peu de chance la tenture terminée pour l’horizon 2021. On connaît d’ailleurs l’identité de la première pièce : il s’agit d’une scène du Hobbit, « Bilbo comes to the Huts of the Raft-elves », soit le moment où Bilbon et les Nains, après s’être échappés du royaume de Thranduil à bord de tonneaux de vins vides, arrivent là où les Elfes de la Forêt récupèrent ces tonneaux pour les amener  vers Bourg-du-Lac. 

Bon, bon, bon… Ça ne vous dit toujours pas ce que l’on voit au sein de l’exposition ! L’espace de présentation du projet « Aubusson tisse Tolkien », qui prend place au sein de la plateforme de création de la Cité, se veut être une sorte de reconstitution d'un atelier de cartonnier, et donc de cartonnière, puisque c'est Delphine Mangeret qui est en charge de faire les cartons de la tenture. Qu'est-ce que le carton ? C'est tout simplement le dessin, inversé par rapport à l'oeuvre finale, qui guide le lissier lors du tissage. Sur un grand panneau, on vous présente les 14 dessins retenus pour le projet, des dessins que l'on peut diviser en 4 catégories. Je vais m'étendre un peu là dessus parce que c'est tout de même très intéressant. 


Les Lettres du Père Noël 
Voilà bien une oeuvre que je ne connaissais absolument pas avant ce projet. Lorsque ces enfants étaient de petits bouts de choux trop mignons, J.R.R. Tolkien concoctait, pour chaque Noël, une fausse lettre (enveloppe et timbre compris) écrite par le Père Noël lui même, mais aussi par son assistant l'Ours Polaire, une lettre qui racontait donc aux enfants Tolkien toutes les péripéties de ces derniers, une lettre toujours accompagnée d'au moins un dessin qui illustrait les dites péripéties. Avouez, vous êtes grave jaloux de ne pas avoir eu un papa Tolkien pour vous aussi recevoir des lettres du Père Noël himself ! Il était évidemment que pour Christopher Tolkien, traduire quelques uns de ces dessins en tapisseries serait très important. Trois illustrations ont donc été retenues et seront tissées dans un format plus petit que les autres pour gardant cette dimension intime. 

Le Silmarillion 
L'oeuvre de toute une vie... Celle qui pose toute l'histoire de la Terre du Milieu... Le Silmarillion est une oeuvre complexe, que J.R.R. Tolkien a illustré par de nombreux dessins. Trois des quatre dessins retenus évoquent des épisodes de cette histoire, des paysages, et nous plongent dans ces temps reculés de la Terre du Milieu. Le quatrième, c'est le tapis númenoréen. Il faut savoir que Tolkien, avec ses crayons et ses pinceaux, n'a pas seulement imaginé l'architecture de ces lieux mythiques, mais aussi la décoration intérieure, et ce tapis en sera le témoignage. Réaliser ce tapis, ce sera donc en quelque sorte donner vie à l'artisanat si évolué des Númenoréens.  

Le Hobbit 
C'est l'ouvrage le plus représenté, puisque ce sont cinq dessins qui ont été retenus. Il ne s'agit aucunement de favoritisme. En fait, J.R.R. Tolkien avait entièrement illustré son conte, des dessins très aboutis qu'il était évidemment important de mettre en avant dans cette tenture.  

Le Seigneur des anneaux 
L'oeuvre phare de l'auteur, celle qui a donné à la pop culture l'une des trilogies cinématographiques les plus mythiques de ces dernières années. Beaucoup seront probablement déçus de voir que seuls deux dessins furent retenus pour le projet de tissage : la Forêt de Lothlorien et la Tour d'Orthanc. Au regard des autres dessins, ceux-ci paraissent en plus mois travaillé, s'apparentant plus à des esquisses. Et ce n'est pas complètement faux. Si ma mémoire est bonne, Tolkien avait été, au final, plutôt déçu de son illustration du Hobbit et donc il ne refit pas le même travail pour le Seigneur des anneaux. De plus, les descriptions de ce dernier ouvrage sont si détaillées qu'il semblait peut être vain et pas très utile pour l'auteur de traduire tout cela en dessin. Ça ne l'a pas empêché ceci dit, durant ces travaux préliminaires d'écriture, d'essayer de donner vie à ses visions par son crayon. Par exemple, le dessin d'Orthanc qui va être tissé ne correspond pas, au niveau de l'architecture, à ce qui est décrit dans le livre : c'est une vision antérieure de l'artiste, qui a été plusieurs fois modifiée pour arriver à sa version finale telle qu'on peut la lire dans les Deux Tours. Voilà qui explique pourquoi le Seigneur des Anneaux sera si peu représenté.  


Enfin, je voudrais terminer ce long article sur quelques détails techniques, soit les choix esthétiques qui ont été faits pour le tissage de cette tenture. La majorité des dessins ayant été réalisés dans les années 1930, il a été décidé que l'esthétique des tapisseries devait correspondre à ce qui se faisait alors au sein de l'Ecole Nationale d'Art Décoratif d'Aubusson. Au début du XXe siècle, surtout à partir de la prise de poste d'Antoine Marius Martin en tant que directeur de l'école en 1917, il s'est opéré un grand renouveau dans la tapisserie d'Aubusson : il n'était plus question de copier bêtement la peinture, mais de redonner à la tapisserie une esthétique qui lui est propre. Ce changement de cap s'opère avec la redécouverte des tapisseries médiévales : on décide alors d'utiliser moins de couleurs, d'utiliser des fils plus gros et d'avoir une écriture technique affirmée. Et c'est selon ces principes que seront tissés les dessins de Tolkien. Les lissiers utiliseront essentiellement des couleurs pures, très peu de couleurs chinées. De ce fait, là où les couleurs chinées permettent de passer plus subtilement d'une couleur à l'autre, on usera de battages, de rayures et de hachures pour passer d'une couleur pure à une autre. Pour se rendre compte de cela, il y a dans l'exposition deux échantillons tissés de la première tapisserie qui sera mise sur le métier. Sur la photo ci-dessus, regardez Bilbon sur son tonneau et vous verrez plutôt bien ce système de battage, à la fois sur ses vêtements, mais aussi dans l'eau qui l'environne. Il ne s'agit pas ici de faire de l'aquarelle en laine, mais bien d'adapter ces aquarelles à l'esthétique propre à la tapisserie, tel qu'on le concevait au début du XXe siècle à Aubusson. 


Pour compléter ma description de cette exposition, et pour répéter ce que vous voyez déjà sur les photos, " Aubusson tisse Tolkien " vous présentera les 14 dessins de l'auteur qui seront transposés en tapisseries. Certains de ces dessins sont présents sous forme de posters géants, à la taille qu'ils auront une fois tissée (Smaug sera cependant un peu plus grand que ce que vous verrez là bas). Des fiches de salles sont à votre disposition pour vous donner une petite explication de chaque dessin (d'ailleurs, merci de ne pas les embarquer avec vous). Les livres dont sont issus les dessins sont également présents dans un coin lecture et des marques pages vous indiquent les passages auxquels ils correspondent (c'est d'ailleurs moi qui ai bricolé les livres ainsi, ahah ! et j'ai également réalisé le contenu des fiches de salles, ma petite contribution à cette exposition !). Deux vidéos tournent en boucle dans la salle : l'une vous présente Delphine Mangeret, la cartonnière, qui explique les choix techniques, en compagnie du lissier référent René Duché ; l'autre vous présente le directeur et le conservateur qui vous parleront de la genèse du projet. Un petit journal de l'exposition est également à votre disposition et sera votre petit souvenir à emporter. 

Donc si jamais vous passez par la Creuse d'ici la fin décembre, et que de surcroît vous êtes un fan de l'univers de Tolkien, venez donc à la Cité de la tapisserie découvrir ce projet un brin fabuleux ! Et si vous avez des questions sur le projet, n'hésitez pas à les poser dans les commentaires :)

jeudi 14 septembre 2017

Le moelleux (McAvoy) de Mina Philipp

Bien le bonjour ! 
Je reviens vers vous aujourd'hui pour vous parler du dernier tricot tombé de mes aiguilles, un mois et demi après l'avoir commencé... Le Moelleux de Mina Philipp, que j'ai renommé McAvoy (oui oui, référence à notre cher James McAvoy...).

Ce châle est né de la volonté d'associer au mieux deux écheveaux de laine, de la Love Sock des Jolies de Milie, coloris Caraïbes et Sapin (parce que tout le monde sait que les plages des Caraïbes sont bordées de forets de sapins...). Reçus en cadeaux de Noël l'année dernière, elles n'étaient pas destinées à être associées, mais l'évidence s'est faite une fois le paquet ouvert. 
Je voulais également tester le point brioche, très tendance ces derniers temps. J'avoue que ma curiosité sur l'aspect technique de ce point commençait sérieusement à me piquer. Il m'a cependant été difficile de trouver un modèle. Au départ, je ne voulais un châle entièrement en brioche, mais force est de constater que je ne trouvais pas mon bonheur. Surtout que je ne voulais pas de grand aplat de la couleur Caraïbes (magnifique, je ne dis pas le contraire, mais je ne voulais pas une grand pan juste de cette couleur). Du coup, je me suis lancée dans le Moelleux de Mina Philipp, qui est donc entièrement en brioche, en aiguilles 3,75 mm. 

L'apprentissage de la brioche ne fut pas si compliqué à mon grand étonnement (même si j'ai du recommencer après avoir monté 2 cm, ayant oublié de faire une augmentation...). Le tuto de Mélina Letipanda (ici) y est pour beaucoup : gros plan sur l'ouvrage, exécution pas trop rapide, des explications claires, pile poil ce qu'il me fallait. Et le tuto de Purple laine pour l'augmentation (ici) m'a également beaucoup aidé ! Les premiers cm m'ont demandé beaucoup de concentration, mais il faut bien dire qu'à force, puisqu'on ne fait que ça, ça finit par couler de source ! Ce qui n'a pas empêché que je sois irrégulière sur tout l'étendu de l'ouvrage : tantôt je tricotais relativement serré, comme à mon habitude, mais souvent je tricotais plus lâche, sans vraiment savoir pourquoi. Arrivée environ à la moitié du châle (niveau longueur), je dois avouer que ma motivation a été mise à très rude épreuve. L'excitation due à l'apprentissage d'une nouvelle technique étant passée, j'ai commencé à m'ennuyer : c'était long, très long. D'où une durée d'exécution aussi grande, un mois et demi ! Mais la persévérance paye, et aujourd'hui, je suis plus que ravie d'avoir ce magnifique châle ! Et comme je suis un peu maso, il semblerait qu'un jour un petit frère vienne à sauter sur mes aiguilles...

Le patron de Mina Philipp, bien qu'en anglais, n'a rien de compliqué à partir du moment où l'on comprend le fonctionnement de la brioche. Je trouve d'ailleurs le rapport qualité/prix un peu élevé de ce fait (6$, il faut donc que je le rentabilise en le tricotant une seconde fois ahah!). C'est du tout brioche très simple, mais très efficace, à condition d'avoir une volonté de fer ! En ce qui concerne le métrage, j'ai été ceci dit surprise : deux écheveaux de fingering de 400 m sont censés suffire, mais ça n'a pas été mon cas. La Love Sock des Jolies de Milie fait 425 m, et je n'ai pas eu assez de laine pour faire les 28 rangs restant (oui oui, 28!). Mais ce n'est pas si grave au final, puisque j'arrive quand même avec un châle qui une fois bloqué fait presque 2m, et un bon 1m70 non bloqué. Donc un conseil, privilégiez les écheveaux de finigering increvables, de plus de 400 m ! 

Conclusion : je vous recommande ce modèle, qui donne un chouette résultat, et les laines, bien évidemment, qui sont ULTRA DOUCES ! Bon tricot et à bientôt ! 

lundi 21 août 2017

Un été avec Lalylala


Bonjour chers amis créatifs ! 
Me revoici pour vous parler de mon dernier projet crochet : les petits bonhommes Lalylala sur le thème de l'été. Vous connaissez mon amour pour cette créatrice, pas besoin de revenir là dessus... Ce petit trio me faisait envie depuis longtemps, je me suis enfin lancée ! 


J'ai commencé par faire l'ananas, que j'ai renommé Nana (très original, je sais). C'est celui qui attirait le plus ma curiosité et c'est pour cela que je l'ai fait en premier. J'aime beaucoup mon choix de couleur et c'est ce qui me fait dire que c'est surement mon préféré du groupe ! Bon après, à la fin, la partie "ananas", j'en avais un peu marre, parce qu'il faut couper le fil à chaque changement de couleur (écailles jaunes / lignes vertes) et ça me gavait un peu. Mais ça mit à part, c'était vraiment super chouette ! C'est juste un peu dommage que certaines de mes mailles soient détendues, car du coup on voit le rembourrage à travers.

J'ai poursuivi avec le cornet de glace, et comme c'est une glace à la framboise, je vous présente tout naturellement Framboisine. La réalisation a été un peu mise à mal par un manque de coton beige : j'ai utilisé une fin de pelote, et bien évidemment, ce n'était pas suffisant. Après quelques rangs de corps, j'ai suspendu mon travail pour faire la collerette du cornet qui devait impérativement être de cette couleur, puis j'ai continué jusqu'à être à court de fil. J'ai ensuite terminé le corps avec le rose, rien de grave puisque cette partie allait être cachée. La crème glacée n'a pas été une partie de plaisir pour moi. Travailler sur l'intérieur et non sur l'extérieur du bonhomme, je n'ai pas trouvé cela très agréable. Mais ma foi, malgré un aspect un peu irrégulier, ça valait le coup, le résultat est top et ma Framboisine trop chouette !

Enfin, c'est la planche de surf qui fut crochetée en dernier ! Et son petit nom : Brice. Oui oui, vous avez très bien compris la référence, même si je n'ai pas fait une planche jaune... Ce qui était intéressant, c'est qu'il se fait d'une autre manière que les autres : on ne commence pas par les jambes, mais pas la planche elle-même. J'ai un peu galéré sur mon choix de couleurs, je voulais absolument du bleu, et tout bleu, pourquoi pas ? Par contre, je le trouve vraiment différent des autres : plus allongé, moins rondouillard, des jambes qui pour moi n'ont pas du tout le même aspect que celles de ses congénères. Je reste un peu dubitative sur le résultat, mais je le trouve quand même très très chouette (ouais, je sais, j'ai dis très souvent chouette dans cet article) !


Et voilà ! Là encore, rien à dire, c'était un bonheur que de crocheter les créations de Lalylala ! 
Vivement les prochaines !